Le Dark Bull (en noir) et Tennessee Mickaël s'entraînent en vue de leurs combats respectifs de demain soir. G. Varela / 20 Minutes
Spectacle Les Strasbourgeois de la French extreme fighters sont en gala demain à Soufflenheim
«Tu pourrais me mettre en croix sur tes épaules », lâche David alias Del Spooner. « Oui c'est bien ça. Ou alors je te fais une clé de bras ? Comme tu veux », répond Mickaël dit Tennessee Mickaël. Sueur et testostérone. Hard rock en bruit de fond. Au milieu d'un ring un peu défraîchi, les deux lutteurs font preuve d'une grande complicité. Ils vont pourtant s'opposer demain lors d'un gala à Soufflenheim*, organisé par la fédération strasbourgeoise The French extreme fighters et l'Académie européenne d'Aziz Raguig, la seule école de catch de la région. Créée il y a trois ans, elle compte actuellement une trentaine de membres, dont un tiers environ de semi-professionnels.
« Le nouveau théâtre de Guignol »
« On travaille au moins le début et la fin du combat », explique Tennessee Mickaël, 1,63 m pour 65 kg. « Certains écrivent le scénario de leur combat et l'apprennent par cœur, d'autres le retiennent comme ça », précise Yannick, connu sous le pseudo de Dark Bull, en référence à ses deux boissons préférées. Le catch est donc bidon ! « On ne peut pas employer ce terme, rétorque Charles, leur entraîneur. C'est un secret de polichinelle de croire que rien n'est préparé. Mais tant que le match n'est pas fini, son issue est incertaine. Si le public est conquis par un lutteur, on peut faire un signe à l'arbitre pour modifier le cours des choses. » Pour les catcheurs, l'adversaire n'est donc pas sur le ring mais dans la salle. « Il faut gagner contre le public, estime Charles. C'est le nouveau théâtre de Guignol, il y a toujours un gentil et un méchant parmi les combattants. » Les bad boys auraient d'ailleurs un rôle prépondérant en Alsace. « Si un mauvais garçon critique la région, on est sûr d'avoir de l'ambiance. »
Si le catch est truffé de mascarades, il n'en est pas « moins physique », poursuit Dark Bull. « C'est très sérieux, ajoute Maxime, 14 ans. Il faut savoir tomber, donner des coups sans les porter. » Sans entraînement encadré, les « risques physiques sont réels », poursuit Tennessee Mickaël, agent hospitalier dans le civil. Donc comme le répètent les catcheurs américains : « S'il vous plaît, ne faites pas ça chez vous ou à l'école ! »
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